Automobile : Rien n’arrête Le Succès Des Voitures Low-Cost en France

Dacia a vu ses immatriculations bondir de presque 20% le mois dernier en France. Dans le même temps, Citroën lance une C-Elysée d’entrée de gamme et Fiat sa Tipo à 11.990 euros.

IMAGE © CITROËN

Le « Low Cost », ça marche. Dacia a en effet enregistré la plus forte croissance  des marques appartenant à des constructeurs français en ce début d’année. La marque d’entrée de gamme roumaine de Renault a vu ses immatriculations bondir dans l’Hexagone de 16,8% sur les trois premiers mois de 2016 à 28.600 unités – soit un rythme deux fois plus rapide que le marché total – et même de 19,6% sur le seul mois de mars. Dacia représente 20% des ventes totales du groupe Renault en France. La firme de Pitesti croît d’ailleurs deux fois plus que la marque Renault elle-même en France. La petite Dacia Sandero (à partir de 8.000 euros) est ainsi la septième voiture la plus immatriculée  dans l’Hexagone sur trois mois. Le 4×4 Duster (à partir de 12.000 euros), qui sera bientôt renouvelé, est onzième.

Les voitures « pas chères » sont d’ailleurs à la mode. Citroën va ainsi commercialiser début avril en France, en Italie, en Belgique, puis en juin outre-Rhin, sa C-Elysée, une voiture à bas coûts lancée fin 2012 dans les pays émergents où elle était restée cantonnée jusqu’ici. Un lancement en toute discrétion d’ailleurs, sans aucun communiqué de presse ni publicité, comme si la firme aux chevrons en avait honte.  Cette petite C3 simplifiée, austère, très peu glamour avec sa carrosserie à quatre portes et coffre séparé, est vendue à un tarif canon de 13.450 euros (version à essence de 82 chevaux).

Une offre alléchante pour les familles avec peu de moyens qui achètent généralement des modèles d’occasion. Point fort : un grand espace à bord dans la catégorie,  pour 6.500 euros de moins qu’une berline compacte Citroën C4…. mais 5.500 de plus qu’une Dacia Logan de base, il est vrai plus petite! Produite depuis 2012 à Vigo (Espagne) et 2013 à Wuhan (Chine), la C-Elysée  est d’ores et déjà la Citroën la plus vendue dans l’ex-Empire du milieu, en Turquie ou en Algérie.  Il s’en est écoulé 117.000 dans le monde  l’an dernier, soit 10% des ventes totales de la marque.

Une vraie tendance de fond

Et ce n’est pas fini. Fiat s’y met aussi. Avec une « grande » Tipo produite en Turquie, à 11.990 euros seulement (prix de lancement), garantie trois ans ou 100.000 kilomètres. Encore mieux que la C-Elysée de Citroën pour plus d’espace intérieur. A ce tarif, on a droit à un moteur 1,4 litre de 95 chevaux et un équipement de premier plan (climatisation, vitres électriques à l’avant…). Un break arrivera à la rentrée pour compléter la gamme.

Les véhicules à bas coûts « représentent une tendance de fond, pour compenser le fait que les (autres) voitures deviennent globalement de plus en plus chères », affirme Hadi Zablit, spécialiste auto du Boston Consulting Group. Alors que les voitures, de plus en plus sophistiquées, se renchérissent effectivement, le créneau s’élargit pour des véhicules fonctionnels, simples, capables d’emmener une famille sur la route, sans coûteux gadgets futiles. Ces acheteurs contraints financièrement se moquent des apparences. « En Europe, beaucoup de gens souhaitent consacrer un budget moindre. C’est un choix économique rationnel », précise Marc Suss, directeur du programme voitures d’entrée de gamme de Renault.

Les Dacia, C-Elysée ou Fiat Tipo peuvent également servir de deuxième voiture pour un ménage. Le marché automobile mondial « atteindra 85 millions d’unités en 2015, 100 millions en 2020, contre 50 millions en l’an 2000,  expliquait récemment à Challenges Vincent Cobe, patron de Datsun, la marque à bas coûts de Nissan (allié de Renault). Sur ce total, 35 millions seront des voitures à bas prix ». 

https://www.challenges.fr

Scroll Up
%d blogueurs aiment cette page :