«J’ai testé la première compagnie low cost long courrier française»

La compagnie aérienne French blue, créée au printemps dernier, a effectué, ce samedi, son premier vol à destination de Punta Cana en République dominicaine. Le Figaro y était.

De notre envoyée spéciale à Punta Cana,

L’idée de passer près de 9 heures dans un avion low cost n’a, a priori, rien d’intéressant. Sièges inconfortables, proximité avec le voisin, aucun repas à bord… Et pourtant, la réalité peut parfois surprendre. C’est ce que LeFigaro a pu constater avec French blue, la première compagnie low cost long courrier française. Cette compagnie aérienne, lancée au printemps dernier par le groupe vendéen Dubreuil (propriétaire d’Air Caraïbes), a fait voler son premier avion samedi vers Punta Cana, en République dominicaine. Et il faut l’avouer: l’expérience n’était pas si désagréable que ça.

Le voyage a d’ailleurs commencé de manière très classique, à Orly Sud, vers 8h30. À l’enregistrement, comme à l’embarquement, rien ne permet vraiment de faire la différence avec une compagnie régulière (sauf peut-être cette manière insistante qu’ont les agents du comptoir d’enregistrement d’observer la taille du bagage à main).

La distinction se fait de manière subtile dans l’avion. D’emblée, on remarque que l’espace dans cet A330-300 flambant neuf (livré à la compagnie le 1er juillet dernier) a été largement rentabilisé. «Nous avons densifié l’avion pour obtenir 350 places (en classe «eco», ndlr). Mais nous n’avons pas poussé l’aménagement au maximum de ses capacités. Cela pouvait aller jusqu’à 450 sièges!», confie Marc Rochet, président de French blue, lors d’une conférence de presse improvisée dans l’avion. «Notre but était d’apporter le meilleur confort possible», ajoute-t-il.

De ce côté-là, il est vrai, le pari est plutôt réussi. Malgré cette «densité», les sièges en cuir sont plutôt confortables bien qu’un peu étroits. Ils ont été confectionnés par la même entreprise allemande (Zim) qui fournit les avions de Lufthansa et Singapore Airlines. «Il y a un appui-tête ajustable, on peut étendre ses jambes… C’est pas mal», nous confie notre voisin, un commercial pour un tour-opérateur. À peine regrette-t-il l’absence de repose-pieds!

Des sièges en classe «éco».

Pour tuer le temps, la compagnie nous suggère de profiter de l’écran tactile de 25 centimètres («le plus grand du marché»), présent sur chaque siège, avec films récents, jeux ou séries. Une connexion wifi est aussi proposée dans tout l’avion (prévoir entre 5 et 29 euros selon le débit).

L'écran tactile et les choix de forfait wifi proposés.

En classe «premium», les 28 passagers profitent, eux, d’un écran encore plus grand mais aussi de sièges plus larges (avec repose-pieds!) et plus espacés (7 sièges alignés au lieu de 9). Pour en bénéficier, il faudra dépenser un minimum de 629 euros l’aller simple contre 199 euros pour le tarif de base qui n’inclut que le siège et un bagage cabine de 12 kilos (pas de repas, donc).

La classe «éco».

Ce jour-là, rares étaient les passagers à avoir tenté l’expérience 100% low cost, sans bagage ni repas. La plupart avaient opté pour le tarif intermédiaire («Smart») qui inclut ces deux prestations. «Quinze passagers avaient fait le choix de ne pas acheter de repas. Six d’entre eux ont changé d’avis une fois à bord», nous confie un porte-parole de la compagnie. À l’opposé, d’autres n’ont pas hésité à dépenser 30 euros pour le plateau-repas élaboré par le chef étoilé Jean-Michel Lorain, par ailleurs aux commandes du restaurant gastronomique La Côte Saint-Jacques à Joigny, en Bourgogne.

Le menu du chef étoilé, proposé à 30 euros.

C’est justement ce principe de voyage à la carte que défend âprement Marc Rochet. «Le low cost est aujourd’hui intégré à nos modes de consommation. Les clients veulent du choix et veulent payer moins cher. C’est ce que nous leur offrons», explique-t-il. «C’est du low cost mais avec un bon niveau de confort qui permet de garder un bon souvenir de ce vol», ajoute Jean-Paul Dubreuil, président du conseil de surveillance du groupe du même nom.

Cette «expérience» de vol s’arrête un peu plus de 8 heures plus tard, lorsque l’avion atterrit à l’aéroport de Punta Cana, en République dominicaine sous les applaudissements des passagers (tous équipés d’un chapeau blanc, offert par la compagnie pour ce vol inaugural). Comme le veut la tradition, l’avion est arrosé par les lances des camions de pompiers.

Un des camions de pompier arrosant l'appareil à son atterrissage à Punta Cana.

Parmi les voyageurs quittant l’appareil quelques minutes plus tard se trouve Jennifer, en route pour deux semaines de vacances en République dominicaine. La jeune touriste résume l’impression générale des passagers ce jour-là: «C’est vraiment pas mal!».

http://www.lefigaro.fr

Par Hayat Gazzane

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