Lafayette : Le Succès de la Pharmacie Low-Cost

Les pharmacies du réseau Lafayette misent autant sur les médicaments que sur l'auto-médication ou la parapharmacie./Photo DDM Xavier de Fenoyl
Les pharmacies du réseau Lafayette misent autant sur les médicaments que sur l’auto-médication ou la parapharmacie./Photo DDM Xavier de Fenoyl

La centième pharmacie de l’enseigne Lafayette vient d’ouvrir à Ramonville Saint-Agne. Près de Toulouse où l’aventure de la pharmacie à petits prix est née en 1995.

C’est une success story toulousaine. Depuis son rachat en 1995 par le Dr Lionel Masson, la petite pharmacie de 35 m2 rue Lafayette à Toulouse est devenue une marque. Aujourd’hui, l’enseigne Pharmacie Lafayette® -détenue par les fondateurs Dr Lionel Masson et Jean-Michel Wurfel, actionnaires chacun à 50 %- est la première pharmacie de France pour son chiffre d’affaires au mètre carré (de 426 millions d’euros en 2015, il devrait atteindre les 560 millions à la fin de l’année 2016). Environ 54 000 patients/clients franchissent tous les jours les portes d’une pharmacie Lafayette® devenue synonyme de petits prix, de «low cost». La 100e vient d’ouvrir à Ramonville Saint-Agne, «un clin d’œil pour cette aventure aux origines toulousaines », souligne Hervé Jouves, le président de Lafayette Conseil, arrivé en 2005 après un parcours dans la grande distribution.

Le réseau Pharmacie Lafayette® devrait compter 130 sites fin 2016. Muret sera la prochaine en Haute-Garonne, département historique pour la marque qui y compte 5 pharmacies, deux magasins d’optique et l’immense parapharmacie toulousaine de 1 000 m2 qui reçoit 4 000 personnes par jour.

C’est aussi à Toulouse qu’ouvrira, d’ici la fin de l’année, la troisième marque Lafayette®. Après la pharmacie (100 sites) et l’optique (27 magasins, 45 en fin d’année), cap sur du matériel médical, des équipements, ce que le président de Lafayette Conseil nomme, pour l’instant, le «bien vivre». «Notre vision ultime, c’est, dans une ville, de proposer un éco-système de la santé. Nos clients/patients sont devenus des accros de Lafayette alors nous leur proposons aussi des lunettes, bientôt du matériel médical. Et si nous vendons aussi des tongs dans notre parapharmacie c’est parce que les clients achètent de la crème solaire dans ce rayon. Notre approche a toujours été unique, elle est disruptive dans le monde de la pharmacie mais elle répond aux besoins de la société dans une France à 5 millions de chômeurs où les gens se soignent de moins en moins. Le modèle traditionnel de la pharmacie, qui dépend du médicament remboursé, est sur le déclin. Nous ne réalisons que 33 % de notre chiffre d’affaires avec les médicaments sur ordonnance ! Notre modèle économique joue sur l’équilibre : 33 % de médicaments, 33 % pour l’automédication et les compléments alimentaires, 33 % pour la parapharmacie », souligne Hervé Jouves. «Nous donnons des coups de pied pour faire bouger les lignes», ajoute Pascal Fontaine, directeur commercial des Pharmacies Lafayette.

Le modèle semble plaire : si une dizaine de pharmacies ont quitté le réseau depuis 1995, quatre demandent toutes les semaines à l’intégrer.


Petites pharmacies : «La moitié sont dans le rouge»

Le monde de la pharmacie ne se résume pas à la croix occitane orange et verte des enseignes Lafayette, modèle qui peut difficilement être transposé dans des villes de moins de 10 000 habitants. La réalité peut être difficile en zone rurale ou semi-rurale.

«Aujourd’hui les pharmacies souffrent en France. C’est aussi vrai en Haute-Garonne », souligne Michel Laspougeas, président du conseil de l’ordre des pharmaciens de la région Midi-Pyrénées. «Le secteur est en crise avec la diminution du nombre de médicaments remboursés et la baisse nette des prescriptions. La moitié de nos pharmacies sont dans le rouge », ajoute le pharmacien. La population des pharmaciens, comme celle des médecins, vieillit aussi. En Midi-Pyrénées, un tiers d’entre eux est âgé de plus de 55 ans. «Beaucoup veulent vendre mais ne peuvent pas. Parce que les jeunes ne peuvent obtenir de prêts ou parce que les installations sont compliquées. Dans certains villages, lorsque le médecin prend sa retraite, c’est la catastrophe pour la pharmacie. En 2015, nous avons dû gérer 10 liquidations ou redressements judiciaires en Midi-Pyrénées. La tendance est aujourd’hui aux regroupements ou fusions, c’est chaque fois une licence qui disparaît, si on ajoute les départs à la retraite c’est environ une tous les trois jours ».

Toujours selon Mr Laspougeas, soumises à la concurrence du réseau Lafayette, les petites pharmacies du centre-ville de Toulouse voient leur chiffre d’affaires chuter. «Le risque, c’est de n’avoir que des gros groupes. La solution, pour certains, c’est de transférer leur pharmacie en périphérie dans des villes où la population a beaucoup grossi (Cugnaux, Beauzelle, Tournefeuille, Blagnac…) et où on peut fidéliser une clientèle».

En zone rurale, la survie peut passer par les maisons de santé. «À condition qu’elles soient créées en tenant compte de l’implantation des pharmacies. Nous travaillons en ce sens avec le conseil de l’ordre des médecins », conclut le président.


Le chiffre : 7 %

croissance >Du chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires du réseau Pharmacie Lafayette a réalisé une croissance de 10 % en 2014 et 7 % en 2015 quand l’évolution du chiffre d’affaires moyen d’une pharmacie en France était de -1 % en 2014 et -2 % en 2015. Fin 2015, le chiffre d’affaires du réseau Lafayette était de 426 millions d’euros.

http://www.ladepeche.fr

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