Magasin bio ou grande surface : qui est vraiment le plus cher ?

Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution.

Dans son numéro de janvier, le magazine Linéaires a comparé les prix pratiqués par des spécialistes et des grandes surfaces de trois villes. Le plus cher n’est pas toujours celui que l’on croit.

Engouement pour le bio

Les scandales alimentaires ont accéléré l’engouement pour le bio. Que se soit pour des questions de santé, de préservation de l’environnement ou tout simplement pour le goût retrouvé des aliments, les Français veulent de plus en plus manger naturel.

5,5 milliards de chiffre d’affaires

Ils sont désormais près de deux sur trois à acheter régulièrement des produits bio. Résultat, ce marché en pleine croissance (+10 % par an) voit son chiffre d’affaires exploser : il est passé de 1,6 milliard en 2005 à 5,5 milliards en 2015. Une brèche dans laquelle les enseignes de la grande distribution se sont naturellement engouffrées. Pour certains, cette concurrence pourrait mettre à mal la belle santé des enseignes spécialisées.

Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution.
Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution. | Archives Marc Ollivier

Enquête sur trois villes

Dans son dernier numéro, le magazine de la distribution alimentaire Linéaires a comparé, dans trois villes (Paris, Angers, Rennes), le prix des produits bio vendus dans une grande surface classique et un magasin spécialisé. Il a, pour cela, rempli un panier avec une trentaine d’articles de deux enseignes : salade, jambon blanc, biscuits, couscous, lait, galettes de riz, œufs… tous bio.

Que le prix pas la qualité

« Attention, on n’a retenu ici que le prix, pas la provenance ou la qualité, prévient la journaliste Béatrice Méhats-Démazure, auteure de cette enquête. Or, particulièrement chez les amateurs de produits bio, le prix n’est pas l’unique critère. »

Les petits plus chers en général

Malgré tout, le comparatif mérite le détour. Le Naturéo d’Angers (Maine-et-Loire) est ainsi en moyenne 17 % plus cher que son voisin Carrefour (jusqu’à +44 % sur un camembert et +133 % pour 225 gr de petits pains grillés suédois).

Même constat pour le Biocoop de Saint-Grégoire, près de Rennes 20 % plus onéreux que le Leclerc tout proche (+52 % sur le paquet de 500 gr de spaghettis, +88 % sur 20 cl de crème fraîche).

Cet écart de prix ne surprend guère. Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution. Pas le même débit, pas le même réseau de distribution, pas le même pouvoir de négociation.

Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution.
Les enseignes spécialisées n’ont pas la même force de frappe que les bulldozers de la grande distribution. | DR

Mais des exceptions

Toutefois, certains articles, notamment les fruits et légumes ou le vrac, sont plus avantageux chez les spécialistes. La pièce de potimarron et la batavia sont ainsi 13 % et 20 % moins chers chez Naturéo que chez Carrefour. Le jambon blanc ou la farine 11 % et 36 % moins chers chez Biocoop que chez Leclerc.

Autre produit à l’avantage des magasins spécialisés l’alimentation pour enfant. À Angers (Maine-et-Loire), une même gourde de compote « Good Gout pomme gala » se retrouve 5 % moins chère chez Naturéo que chez Carrefour. Et la boîte de 900 grammes de poudre de lait « Babybio Optima 2 » est 3 % moins chère chez Biocoop qu’au Leclerc de Saint-Grégoire.

Dernier exemple en faveur du « petit » magasin : un plat de 250 grammes « aubergine-soja-orge ». Certes, cette fois, la marque n’est pas la même, mais le sachet sous vide du Naturalia de Paris la Défense est 18 % moins élevé que celui du Monoprix voisin.

Et des services différents

Linéaires prend soin de rappeler la portée toute « locale » de ce petit test. D’autant que le magazine a retenu le prix le plus bas constaté à chaque fois, pas le prix moyen.

Or, chez les spécialistes, « des rayons entiers sont consacrés aux tablettes de chocolat, thé, café, vrac, alimentation animale… » ce qui permet aux clients de trouver plus facilement leur bonheur.

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